Dour 2017 : rétrospective en texte et en images sur l’organisation de la 29ème édition du festival

Dour 2017 foule

Quel bilan tirer de l’organisation de l’édition passée du festival belge devenu culte ?

Alors même que les 14 premiers noms de l’édition 2018 du festival viennent de sortir, parmi lesquels Paul Kalkbrenner, Tyler the Creator et Mura Masa (rien que ça), on se souvient encore de celle passée qui a explosé les compteurs. Du 12 au 16 juillet 2017, pas moins de 242 000 festivaliers ont foulé le sol de la Plaine de la Machine à Feu, et 236 artistes de tous bords musicaux ont mis le feu aux 7 scènes qui jalonnaient le site du festival. Autant dire donc qu’il n’y a pas une manière unique de vivre l’expérience « Dour », chacun a sa propre épopée. Néanmoins au niveau de l’organisation, tous les festivaliers lambda ont été logés à la même enseigne. Alors, carton vert, orange ou rouge pour les organisateurs de Dour ? Voici le bilan d’une festivalière aguerrie.

Carton vert pour la line up

line up dour 2017
Line up du samedi et du dimanche

Une programmation pour tous les goûts

Le mélange des styles, c’est ce qui fait la beauté de Dour. En quelques mètres parcourus, on peut passer du rythme lancinant d’un concert de reggae à celui effréné d’un set techno ultravitaminé. Car contrairement à la plupart des festivals, Dour laisse la porte ouverte à tous les genres musicaux et accueille des artistes venus des quatre coins du globe. Et du fait de sa grande notoriété le festival peut se vanter, chaque année, de rameuter sans difficulté la fine fleur de la scène Rap, Hip Hop, Pop, Rock, Reggae, Dub, Electro, Techno etc… Cette année encore, la line up était un sans faute. Les anciens se sont mélangés aux nouveaux afin de satisfaire toutes les oreilles. On a donc pu voir les doyens Justice, Die Antwoord, Carl Craig, De La Soul, NAS etc… Côtoyer les nouveaux venus tels que Mountain BikeAmelie Lens ou encore Naâman.

Des prestations folles

Lorenzo Dour 2017
Lorenzo – Crédit photo : Urban Mythology

Les artistes aiment venir à Dour, et ça se voit : face aux festivaliers ils se donnent corps et âme. Cette année d’ailleurs, ils doivent en partie la qualité de leur prestation aux ingés son et lumière qui leur ont fait honneur. Au résultat, on repart avec de belles pépites. Lorenzo surfant sur la foule à dos de canard gonflable géant. Le batteur de It It Anita tapant un solo de batterie en plein milieu de la foule. Le trio infernal des rappeurs belges Roméo Elvis, Caballero & JeanJass profitant de leur live pour tourner un clip. Les jeux de lumières qui ont hypnotisé toute la foule de la scène Red Bull pendant le live enflammé de Kölsch… Au fond, le seul reproche qu’on peut faire à cette line up, c’est qu’on a été obligés de faire des choix.

Carton orange pour la logistique

Cette année à Dour, l’enjeu était de taille d’un point de vue logistique. Les organisateurs ont du gérer sur cinq jours un flux journalier de 25 000 à 50 000 festivaliers. Comme le festival se situe en rase campagne, il s’agissait donc de prévoir de quoi nourrir, hydrater, loger, et répondre aux besoins d’hygiène et de sécurité de cette famille très nombreuse.

La gestion des flux de personnes

De Red Bull Elektropedia Balzaa stage – Crédit photo : Urban Mythology

Après 28 éditions rameutant toujours plus de monde, force est de constater que les organisateurs de Dour savent comment gérer les flux de personnes. Les stands de nourriture et de boisson, les toilettes et les points d’eau étaient nombreux et bien répartis. Au résultat, il n’a jamais été question de parcourir mille lieues ou d’attendre un siècle avant de pouvoir manger, boire ou profiter des charmantes toilettes chimiques du festival.

S’agissant de l’offre, il y en avait pour tous les gouts et à des prix variés. Cependant pour les festivaliers sans le sou, mieux valait prévoir de quoi boire et manger au camping. Les différentes scènes étaient également bien agencées avec des entrées larges, évitant les bouchons à la fin des concerts. Néanmoins, il ne fallait pas non plus espérer passer de la Last Arena à la Red Bull stage en deux minutes.

L’aspect sanitaire

Bilan mitigé ici. S’agissant des toilettes, mieux valait être myope et doué en apnée pour en sortir indemne. Cependant on le rappelle, elles étaient nombreuses et ne manquaient jamais de papier toilette. C’est finalement tout le luxe qu’on souhaite avoir en festival.

S’agissant des douches, c’était l’inverse. Niveau propreté, R.A.S. Par contre, sûrement par manque d’arrivées d’eau, elles étaient concentrées à l’entrée du camping. L’offre était donc nettement inférieure à la demande. En même temps après 24 heures passées à Dour, l’idée même d’une douche donnait plus envie qu’un pass backstage illimité. Même l’obligation de débourser deux euros pour accéder à une cabine de douche n’a pas su amenuiser la file d’attente, qui pouvait atteindre les deux heures à son pic d’audience.

Le camping à Dour

Camping Dour 2017
Le camping – Crédit photo : Drumtabass

Sur le camping, le mot d’ordre était « autogestion« . Dès leur arrivée sur le site, les festivaliers étaient livrés à eux mêmes. L’enjeu était double : dans un premier temps, le camping ayant été pris d’assaut dès le premier soir par une armée de festivaliers, il s’agissait de trouver un emplacement pour installer son campement. Néanmoins sur les cinq jours tout le monde a pu trouver asile, c’est le principal.

Deuxième enjeu, repérer son emplacement parmi une étendue infinie de tentes Quechua. Faire flotter des drapeaux, calculer la longitude et la latitude de son domicile, compter les mètres le séparant de X endroit… Tous les moyens étaient bons car les points de repère étaient peu nombreux et les poteaux se ressemblaient tous. Idée pour Dour 2018 : colorier les poteaux.

À pointer, la nouveauté de cette année : le Green camping. Pour seulement 15€ de plus, il garantissait à ses habitants un site sans déchets. Une très bonne alternative pour les plus éco-responsables et maniaques d’entre nous, soumis à une charte de l’environnement très stricte. On soupçonne cependant que l’ambiance y était moins folle qu’au camping traditionnel.

La gestion des déchets

dour festival 2017 bénévoles
Bénévoles de Green Cross – Crédit photo : Dour festival

Outre le Green camping, depuis plusieurs années les organisateurs engagent une armée spéciale de bénévoles Green Cross. Tout de vert vêtus, ils sont affiliés exclusivement à la gestion des déchets. Chaque matin sur le site du festival, ces derniers s’affairaient à rendre le lieu vierge de toute trace humaine, mégots inclus. Quand on voit l’étendue à nettoyer, ils mériteraient les honneurs.

Les organisateurs avaient également prévu une très bonne combine pour inciter les festivaliers à contribuer à la propreté du festival. Pour 40 gobelets ou un sac de déchets rapporté aux bénévoles Green Cross, une bière était offerte. De quoi motiver les troupes à nettoyer tout le camping. Bon, inutile de préciser qu’au lendemain du festival, une fois le camping déserté par les derniers festivaliers, les membres de Green Cross ont tout de même eu du pain sur la planche.

Carton vert pailleté pour l’ambiance de Dour

Des festivaliers contents – La photo est de l’auteure

Malgré tous les petits dysfonctionnements qu’on a pu pointer – quasi-inévitables dans un festival de cette taille, Dour reste avant tout une aventure humaine incroyable. Qu’il s’agisse des bénévoles, des artistes ou des festivaliers, tous les gens qu’on rencontre durant cette semaine semblent animés par un même sentiment de bienveillance. Au camping, ceux qui partaient laissaient leur nourriture à ceux qui restaient. Chaque personne qu’on croisait nous gratifiait d’un gentil « DOUREUUUUH« , auquel il fallait impérativement répondre sous peine d’être banni du festival. Aussi, aucun vol notoire n’a été signalé chez les sondés mis à part un paquet de cigarettes et un bob. Rien de grave, donc.

Cette ambiance magique qui régnait toute la semaine sur la Plaine de la Machine à feu tient sûrement dans l’esprit que souhaitent véhiculer ses organisateurs. Ces derniers ont su, au fil du temps, faire de Dour un festival basé sous le signe de l’amour. Et il suffit simplement de voir leur slogan pour le comprendre : « Dour, c’est l’amour« .

Par Pernille Gobin, étudiante en événementiel au sein du MBA CME 2017-2018 de l’EFAP Paris.

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