Exposition Pop art, Icons that matter au Musée Maillol Paris

Une visite pop et acidulé dans le musée Maillot à Paris

Exposition Pop art Paris
Affiche de l’exposition Pop art, Icons that matter

Alors que le MOMA investit la fondation LOUIS VITTON, dans le 7ème arrondissement de Paris, les icônes du Pop art  s’invitent au musée Maillol du 22 septembre 2017 au 21 janvier 2018.

Au programme, une balade tout en couleur entre les œuvres de Billy Al, Allan D’arcangelo, Jim Dine, Rosalyn Drexler, Harold Edgerton, Jasper Johns, Allen Jones, Alex Katz, Edward Kienholz, Roy Lichtenstein, Richard Lindner, Andy Warhol  et beaucoup d’autres.

Un peu d’histoire pour commencer. Les œuvres exposées proviennent du Whitney Museum of American de New York, ce dernier expose la collection de Gertude Vanderbit Whitney. Célèbre sculptrice et mécène américaine.  Pour ceux qui ne sont pas familiers du mouvement Pop art, voici un petit résumé. Le Pop art a émergé au milieu des années 50 en Grande Bretagne et à la fin des années 50 aux Etats-Unis. On le reconnait par ses codes visuels significatifs, inspirés des comics books mais surtout grâce à son chef de file Andy Warold avec ses boites de conserve et ses Marilyn.

Pourquoi aller voir cette exposition de pop art ?

Premièrement, c’est la première fois que ces œuvres traversent l’Atlantique, c’est donc occasion de les découvrir ou de les redécouvrir pour les plus chanceux.

Que vous soyez néophyte ou expert du Pop art, vous trouverez votre bonheur. Pour les néophytes, les figures majeures du mouvement Pop art sont présentes comme Jasper Johns ou Robert Rauschenberg. C’est l’occasion de s’initier à ce mouvement grâce aux plus grands noms. Pour les experts, c’est l’occasion de découvrir des artistes moins connus en France comme Geoges Segal, Rosalyn Drexler ou encore May Stevens.

Cette exposition nous replonge aussi dans l’Amérique des années 60.  Une Amérique où la société de consommation explose avec une croissance économique en pleine essor. Nous retrouvons ainsi des objets du quotidien détournés aux couleurs acidulées, symbole du Pop art.  C’est une Amérique marquée par des évènements politiques forts. Notamment l’assassinat de John Fitzgerald Kennedy repris par Allan D’arcangelo dans une version Pop art de la Vierge à l’enfant : Madonna and Child. Et enfin, c’est une Amérique qui revendique la puissance des images iconiques. Elles sont à la fois glorifiées, comme avec Warold et ces Marilyn, mais aussi traitées avec de l’humour, même ironique par moment pour célébrer et critiquer les images.

Cette exposition est aussi totalement accessible pour les enfants. Un livret éducatif leur est remis au début de visite afin qu’ils puissent découvrir en s’amusant l’univers coloré du Pop art.  Des « Visites Atelier »sont également organisées par le musée Maillot. Les enfants de 6 à 12 ans sont accompagnés d’une médiatrice culturelle et initiés au monde acidulé et atypique du Pop art américain. Pour que tout le monde soit satisfait, plusieurs niveaux de programmes sont proposés. Les plus jeunes réalisent des dessins colorés à partir des objets du quotidien en s’inspirant d’Andy Warold. Pour les plus grands, ils découvrent la technique du pochoir en s’inspirant des œuvres de Roy Lichtenstein. Le temps total de l’atelier est de 1h15, afin que les parents puissent eux aussi, profiter de l’exposition.

Et enfin le prix, l’exposition n’est pas hors de prix. En effet, le tarif jeune (de 7 à 25 ans) est à 5€ et le plein tarif à 13€.

Ne réfléchissez pas et foncez !

Mon coup de coeur.

Pop art Harold Edgerton
3 oeuvres de Harold Edgerton : Bullet through Banana, .30 Bullet Piercing an Apple, Cutting the card Quickly!

Ce qui m’a le plus frappé dans l’exposition, ce sont les trois photos de Harold Edgerton  : Bullet through Banana, 30 Bullet Piercing an Apple et Cutting the Card Quickly.

Tout d’abord Harold Edgerton n’est pas un artiste de Pop art, même pas un artiste du tout. En effet, il réalise des études au MIT à Boston pour se spécialiser dans l’électrotechnique. Il est initié par son oncle à la photographie. Ainsi, il crée le premier flash électronique, ce qui lui permet de produire de la lumière intermittente sur la scène photographiée. Il nous fait voir le monde d’un regard jamais vu et capture l’instant.

Ce qui est intéressant avec Harold Edgerton, c’est le mélange entre son génie scientifique et son goût pour l’art.

Les trois œuvres exposées durant l’exposition Pop art représentent une banane, une pomme et une carte transpercée par une balle. A part le côté insolite du concept, ce que je trouve impressionnant c’est l’aspect quasi-sculptural des œuvres.  Le moment est totalement figé et une forme de pureté ressort de l’image. On oscille entre le côté spectaculaire du mouvement, l’intensité, la violence contrastée par la volonté de démonstration basique et des couleurs éclatantes. Ces couleurs sont mises en avant par la finesse des détails. Le plus simple est souvent le plus beau.

Mais cette série d’œuvres peut nous amener à nous questionner sur qu’est-ce que l’art et à quoi sert-il ? Est-ce que pendre en photo des objets du quotidien est de l’art ? Si oui, alors tous nos clichés d’Instagram devraient finir au Louvre dans 100 ans !

Edgerton, s’est toujours défendu d’être un artiste. Il insistait sur le caractère strictement factuel de travail, la beauté de ses compositions, ainsi que la contribution de son invention au développement de la photographie. Non seulement scientifique mais aussi journaliste et artiste, il est ainsi devenu l’un des piliers de l’histoire du 8ème art. Il a réussi à passer d’un moyen de témoigner de l’instant présent à un médium d’expression artistique.

Mais quel est le rapport avec le POP ART me direz-vous ? Et bien c’est un sujet POP ART : prendre les objets du quotidien, les plus ordinaires, les transformer avec des couleurs et des intentions POP.

L’incontournable Marilyn

Mais comment parler de Pop art sans parler de son pilier Andy Warold. On ne le présente plus, ses boîtes de conserve et ses Marilyn ont fait le tour du monde. Elles étonnent, fascinent, exaspèrent ou font rire. Mais sous le glamour souriant des icônes, derrière l’apparente glorification des biens de consommation ou la mise en scène de la célébrité et de la fête se cachent des visages, des sentiments plus sombres, de la crispation sociale et de là sur consommation de l’Amérique de l’époque.

Andy Warold pop art Marylin
Marilyn de Andy Warold, 1967, extrait du portfolio Marilyn, Sérigraphie, édition #28/250

C’est notamment ce sentiment que l’on retrouve dans la Marilyn présente au musée Maillot. Plus de couleur vive et de rouge sur les lèvres, l’icône glamour s’est assombrit et est en deuil. Le plus impressionnant, c’est de voir l’émotion transmise parl’auteur à travers une image que nous connaissons tous. En effet, cette œuvre a été réalisée après la mort tragique de l’icône. Nous oublions les couleurs vives et colorées pour montrer une Marilyn plus sombre et tourmentée.

C’est aussi ça le génie de Warold. Malgré la reproduction en série, chaque pièce transmet une émotion.

Pour conclure, le seul point négatif de cet évènement serait que l’on en veut plus. Plus d’œuvres, d’histoires à raconter, plus d’émerveillements et de voyages dans l’Amérique du passé qui traitent de sujets toujours d’actualité.

Envie de prendre vos places ? Rendez-vous sur le site du musée Maillol.

Par Marine Bacquet, étudiante en communication évènementiel au sein du MBA CME 2017-2018 de l’EFAP.

 

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